Nous avons réussi à nous extraire de la méga-ville avec tous les documents à jour pour le véhicule: direction le nord aride et ses déserts. Pour notre première nuit, nous avons beaucoup de mal à trouver un petit coin pour dormir. Sitôt sortis de l' autoroute, il n'y a pas de bas-côtés ou de petits recoins le long de la route: tout est clôturé, tout est privé, tout est interdit... on fini par se garer sur une ancienne route non utilisée. Un grand espace où il est indiqué: «ne pas jeter d'ordures» donc ça ressemble à une déchetterie!!
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On arrive à tous s'engouffrer dans notre tout nouveau fourgon, mais à une heure du matin, Nina vomit!!à peine rendormis (il est 2 heures) quand on frappe au véhicule:»carabineros de Chile»!! ça doit être l'heure internationale pour les policiers du monde d'aller voir si les gens qui dorment dans les véhicules n'ont besoin de rien, si tout se passe bien... cela nous rappelle le Kazakhstan où l'on se faisait régulièrement réveillés à 2h du matin.
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Là ce n'est même pas un contrôle d'identité, juste voir ce qu'il y a dedans, les trois policiers n'en reviennent pas de nous voir à 6 dans ce véhicule !

Dès notre 2 ème jour , nous longeons l'océan Pacifique.. Dès que l'on approche des plages,sur tout le littoral,il y a des pancartes de mises en garde « Tsunami ». Elles ont été mises en place suite au violent tremblement de terre qui a eu lieu le 27 F (le 27 février 20120).


L'eau est bien fraîche,les vagues énormes pour le plaisir des surfeurs chiliens qui ont tous des combinaisons. Par contre sur la plage ,nous sommes supers ventés et le soleil est vraiment très chaud.. en fait on s’aperçoit au cours des jours que le vent est terrible et souffle en permanence nous obligeant à manger à l'intérieur et même avec la porte fermée tant le vent est glacial. Et si le vent est plus faible ,alors on « cuit » littéralement sous le soleil:c'est la magie du désert ! Mais en règle générale, on a tendance à avoir froid surtout le soir au moment de souper et de se mettre au lit !

Nous sommes surpris aussi de voir un pays aussi montagneux. Quand on regarde vers l'est, les contre- forts de la Cordillère des Andes sont présents et souvent en regardant du coté du Pacifique , il y a aussi une chaîne montagneuse : incroyable ! Quand on sait que la plus grande largeur du pays est de 175 km et la plus étroite que de 50 km ,il ne reste pas beaucoup de place pour s'y installer et pour des infrastructures routières. Nous empruntons la route mythique : »la Panaméricaine » qui va d’Ushuaïa en Alaska : c'est bien souvent une autoroute ou parfois une route large en bon état.
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A Copiapo, ville située à presque 1000 km au nord de Santiago, nous décidons d'aller vers la Cordillère. Il n'y a que de la piste et aucune ville ,ni station service, ni d'eau : 440 km; pour cela nous chargeons 90 l d'eau et le plein de gasoil (50 l). La route monte en ligne droite , parfois quelques virages serrés et en peu de temps on est déjà à 2500 mètres. Nous décidons de passer la nuit entourés de massifs montagneux, le sol est très sablonneux et aucun signe de végétation et peu de vie animale : juste vu un petit lézard venu trouvé de l'ombre sous le fourgon. En escaladant une petite colline, les enfants découvrent des pierres plates de sel.
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Le lendemain, la piste continue de monter jusqu'à 4200 mètres. A perte de vue , des massifs montagneux, des sommets, quelques sommets enneigés et enfin des vicuñas(vicugna vicugna): c'est la plus petite espèce des camélidés ,ils pèsent environ 40 kg , et ils fuient à notre approche.
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C'est une espèce protégée car elle est en voie de disparition.

Nous avons l'impression qu'il a neigé car l'on aperçoit une longue bande blanche, en s'approchant c'est un « salar » : une mer de sel.
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On laisse la voiture assez loin car sous le sel il y a de l 'eau et nous n'avons pas envie de nous embourber. On marche sur le sel ,ça « crise » sous nos pas comme si on marchait sur de la neige gelée:c'est rigolo, on goûte le sel qui est vraiment très ..salé!
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Il y a aussi une sorte de petit lac où l'eau est d'un bleu très clair et transparent ,l'eau est bien sûr « imbuvable » tellement sa densité en sel est élevée !.
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À 100 km de la frontière avec l'Argentine, se trouve au milieu de rien, le poste frontière. Comme notre intention est de rester au Chili , nous faisons juste une déclaration aux « carabineros » qui surveillent le trafic et qui veulent surtout que les « touristes » ne se perdent pas dans le dédale des pistes.. Nous allons à la « Laguna Santa Rosa »car notre autonomie en gasoil est limitée. Nous avons un point de vue imprenable sur la lagune de sel où les flamants s'ébattent. Ce sont des flamants du Chili, grande espèce de 110 à 130, proche parent du flamant rose. Leur plumage est plus rose et le bec un peu plus noir que chez leur « cousins » européens. Les sommets de presque 5000 m nous entourent, les garçons « boostent » Serge pour tenter de gravir le sommet le plus proche qui est donné à 4900 mètres ( et nous sommes à 3600 m). Nous avons tous un peu mal à la tête mais c'est très supportable , on prend régulièrement des granules homéopathique de coca. À 4 heures du matin ,les 3 garçons se lèvent après presque une nuit blanche tellement on a eu froid. (On estime que le température est descendue à 5 degrés ) C'est à la lueur de la pile qu'ils partent mais le début du jour apparaît assez rapidement en découvrant de splendides paysages. L'ascension du sommet est difficile car il n'y a aucun chemin, ils ont suivi pendant un petit moment les traces de guanacos , sinon, ils avancent péniblement du aux nombreux petits gravillons. L'altitude commence à affecter Loïc et Serge , alors que Franck a une forme « olympique », une sorte d’euphorie qui lui donnera une avance d' une heure et demie ! Pour gravir les 100 derniers mètres, Serge abdique car le haut du sommet est jalonné de grosses dalles qui compliquent l’ascension.

Mais les 2 jeunes arrivent fiers au sommet ( à 11h30) et en même temps déçus car c'est un sommet rond qui empêche d'avoir une vue panoramique. Le vent violent et un fort mal aux tempes les empêchent de s'attarder. La descente est difficile sauf pour Franck qui continue sur son élan et qui saute tel un cabri au milieu des gravillons. Le retour au véhicule est lui aussi compliqué par un vent qui souffle à près de 80 km mais ils sont heureux d'avoir pu « grimper » si haut.

En sortant de la piste après 150 km, on trouve des douches chez un particulier, l'eau est salée mais qu'importe!! après tant de poussière , nous sommes heureux de nous débarbouiller. Arturo nous indique un verger à 3 km au bout d'une piste. C'est en fait un ancien lieu de « barbecue » où les gens de la ville viennent les week-end pour faire griller leur viande sur les « quinchos »(le nom chilien pour les barbecues) à l'abri des eucalyptus. Il y a de nombreux poiriers jamais greffés:les poires sont encore un peu mûres , toutes petites mais elles sont excellentes. Une petite source passe par là , mais elle se tarit en début d'après-midi : on aura néanmoins le temps de laver toutes nos affaires poussiéreuses.

Après la montagne,retour vers l'océan car il n'y a pas d'autre route,ni piste qui aille au nord(ni à l'est d'ailleurs!) Arrêt dans la petite ville de Charaňal (15 000 habitants) La « pauvre » ville est une ville minière très polluée. D'énormes efforts sont faits pour la rendre plus « saine », autant la ville que la plage car il fut envisagé ,il y a environ 8 ans-de déplacer carrément la ville pour le bien être des habitants qui étaient menacés par l'arsenic utilisé pour l'exploitation du minerai. De gros travaux ont été entrepris comme une digue pour empêcher les produits toxiques de se déverser dans l'océan. Actuellement, la qualité de l'eau s'est bien améliorée et l'on peut se baigner.

En ce début de mois de décembre, c'est la fin de l'année scolaire (l'équivalent de notre mois de juin) Les enfants partent en grandes vacances jusqu'à début mars. Nous assistons à la fête de fin de cours. Les élèves sont tous en uniforme dans tout le pays que se soit une école privée ou publique. L'école accueille les enfants de 6 ans à 14 ans : la moyenne des classes est de 30 élèves par classe. Seule la classe des 14 ans est au complet:ce sont eux qui ont tous les honneurs de la fête puisqu'ils quittent l'école,certains iront en apprentissage,d'autres poursuivront leurs études mais dans une autre ville située à 160 km plus loin. Le directeur de l'école met les jeunes devant leurs responsabilités en leur demandant d'être des femmes et des hommes respectueux, de bons citoyens chiliens et de se souvenir de l'instruction qui leur a été transmisse dans cette école qu'ils vont quitter. Tout le monde se lève -la majorité des parents sont endimanchés-et se tourne vers le drapeau chilien qui prône dans la cour de l'école et tous se mettent à chanter l'hymne national.

Les élèves de 14 ans sont tous appelés à venir sur l'estrade par ordre « chronologique » du meilleur au moins bon !!! à chaque nom, la photo du jeune est projetée sur le grand écran. Bon,le 1er on ne peut le rater : il a une tête de 1er de classe !

Puis les 3 meilleurs de chaque classe sont invités à se rendre sur l'estrade où ils reçoivent un diplôme et un cadeau. La meilleure note c'est 7. le Cp c'est 1er « grado » puis 2ème , etc, jusqu'à 8 ème.

Ensuite le lycée qui se prépare sur 4 ans : 1 et demi, 2 et demi jusqu'à 4 et demi. Puis l'université pour les plus riches (coût annuel estimé au alentours de 4000€ ) Voilà une facette de la scolarité au Chili, vous pouvez commencer à inscrire vos enfants pour la rentrée du mois de mars !

Tous les autres élèves n'ont même pas été conviés à se rendre à la cérémonie!cool pour eux, ils sont déjà en vacances !!

À une vingtaine de kilomètres de Charaňal se situe le parc naturel Pan de Azúcar (pain de sucre). D'un côté l'océan, de l'autre des massifs montagneux partout : une côte très sauvage, mais contrairement à la Costa Brava, pas une seule construction ,ni un immeuble pour avoir LA vue imprenable : tout est sauvage. Sur une longue plage, nous sommes septique quant à la qualité de l'eau : une longue bande jaunâtre à quelques mètres de la plage mais on nous assure que ce n'est pas de la pollution...ouais,ouais, alors on évite à nos pieds de se refroidir dans l'eau « frisquette » et on se laisse « hypnotiser» par les vagues immenses..
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Au bord de la route sont exposés des ossements de baleine ,de dauphins et de quelques mammifères qui ont été trouvé sur place. Le mois dernier, une baleine se promenait au large de la mini-île de Pan de Azúcar. On trouve un emplacement dans une crique où un mini village de pêcheurs s'est installé.
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Quelques touristes tous français sauf un chilien et un brésilien qui campent au bord de l'océan.

Des pêcheurs installés sur les rochers « décortiquent » des animaux marins.
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On commence par discuter puis tout en discutant on leur donne un coup de main. Antonio scie les « piuré »,nom vernaculaire espagnol désignant le pyura chilensis qui est une espèce d'ascidie comestible des côtes du Chili et du Pérou.
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Leur corps est rouge vif,la carapace ressemble à une roche et elle est si dure qu'il faut la scie pour avoir accès au coquillage. Cet animal marin se nourrit par filtration grâce à 2 siphons. Avec l'index nous retirons les coquillages de leur emplacement : mais il faut vraiment insister pour les déloger de leur habitat.

Pour les pêcher, il est nécessaire d'y aller en plongée avec des bouteilles et de les arracher des rochers. Ensuite ,ils vendent chaque sac pêché entre 10 et 20 €:les « piuré » sont revendus ensuite soit à Santiago ou à Iquique dans le nord. Ils se mangent crus (pas terrible),ou cuisiné avec des oignons. Ils ont un fort goût iodé et une haute teneur en fer.
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Les pélicans,des goélands(le goéland siméon reconnaissable à son bec jaune) et d'autres oiseaux se rassemblent autour des pêcheurs car ils savent que dans les sacs ,il y a toujours de petits poissons et bien sûr c'est une « bagarre » dès qu'un poissons est jeté : c'est le pélican qui est vainqueur, il y a même un chat qui ose s'aventurer sur les rochers au péril de se mouiller !! Julia aide son « amoureux » Antonio, elle repart ce soir chez elle en bus à Iquique dans le nord du pays à plus de 1000 km de là. Elle trouve que la crique est vraiment trop calme, alors que son compagnon de pêcheur dit qu'il n'y a pas d'autre lieu plus « tranquilo » qu'ici (on serait plutôt d'accord avec lui). Manuel est parti aussi en mer et à pêché une dizaine de congres pour sa consommation personnelle car il est prévu un mauvais temps marin pour quelques jours.

Le soir même arrivent 2 camping-car français et ils ont des gamins pour jouer avec les filles : Charles et Angèle de 8 et 5 ans puis Ilam de 2 ans. Les 1ers font un tour du monde depuis 15 mois ; les parents de Ilam sont partis en Amérique du Sud depuis juin 2012. Nous passerons 2 jours à « papoter » et à épiloguer sur la fin du monde toute proche : finalement on vit nos derniers instants de vie « terrestre » déjà dans un « paradis » !!
                               La tempête se calme au bout du 3 ème jour, on nous autorise à effectuer une sortie en mer à 15 touristes plus 2 « pilotes » pour nous amener jusqu'à l’île de Pan de Azúcar .
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Nous ne sommes que des français puisque Jérôme et Nathalie ont intégré le groupe : ils voyagent depuis 2 mois en transport en commun en Bolivie et Pérou. C'est le 21 décembre, jour de l'été pour nous et jour de fin de monde pour l'humanité ! Nos 2 matelots s'arrêtent vers les falaises, nous montrent les divers animaux en nous les nommant, s'enfoncent dans les diverses criques où nichent quelques cormorans – mais en stoppant le moteur pour ne pas les effrayer.
21cormoran_de_Gaimard.JPG Il y les Cormoran de Gaimard (appelé ici « cormoran lile):famille phalacro coracidés qui niche seul ou en colonie sur les parois rocheuses. Ils ont hélas une population en déclin. Le Cormoran de Bougainville (ici Guanay):il n'habite que les côtes occidentales d'Amérique du Sud. Son excrément appelé « guano » est utilisé comme fertilisant en agriculture. Et les fous -cormoran « piqueros » qui sont les plus nombreux. Puis nous longeons l’île où il y a une colonie d'environ 6000 manchots de Humboldt, petit manchot de 60 cm de haut pour presque 5 kg (taille adulte:nos marins font bien de nous le préciser car on pensait les voir plus grands) : ils sont vraiment très mignons, il y a même quelques jeunes qui s'éloignent vers leur nid situé vers le haut de la falaise où ils attendent le retour de leurs parents partis en mer pour leur amener la nourriture nécessaire : des crevettes ou des petits poissons.
22manchot_Humboldt.JPG Le manchot de Humboldt appartient à la famille de Sphenniscidae et vit en Amérique du Sud. Le parent le plus proche est le manchot de Magellan et le manchot de Gallapagos.
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L'île est aussi « remplie » de pélicans thage ou Pérou pélican:ils ont un plumage sombre avec un cou et une tête de couleur blanc.

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Des urubus à tête rouge -cathartes aura-qui sont des carnassiers.
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Des lions de mer énormes.
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On se demande quand même comment ils font pour se hisser si haut sur la falaise abrupte.
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Ce sont ces lions qui deviennent des prédateurs des manchots quand ils ne trouvent rien à « déjeuner » mais c'est plutôt rare.
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Puis tout un groupe de loutres qui se « chamaillent » dans l 'eau,
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nos 2 marins s'attardent bien pour que l'on puisse bien les admirer et les photographier ,ce qui est pratiquement un sport tellement l'océan est mouvementé.

Les marins font demi-tour car ils ne s'aventurent pas au large avec des touristes et sur le retour 3 dauphins :les matelots mettent les gaz pour tenter de les intercepter mais nos 3 nageurs changent de cap et s'éloignent de notre trajectoire. Les marins nous disent que les dauphins ont l'habitude de nager en groupe , parfois jusqu'à 300... je ne sais pas si nos marins ont des cousins marseillais. ..mais on vous livre l'info telle quelle, si quelqu'un veut vérifier.... et pour couronner la sortie , une méduse géante !! elle faisait un bon mètre ,les boys disent 1m50: bon un gros animal qui fait très mal en cas de piqûre. Et bien ,on se souviendra longtemps de la « fin » du monde !

Mano del Desierto :
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En pleine ligne droite, toujours en circulant plein nord ,une œuvre d'art de l'artiste chilien Mario Irarrázabal plantée en plein désert,
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à 1100m d'altitude,non loin de la Panaméricaine. C'est une main gigantesque faite en ciment et fer d'une hauteur de 11 m.
32LaMano_del_Desierto_3.JPG Le vent est terrible – s'il n'y en avait pas- la chaleur serait insupportable. Mais on le brave pour vous envoyer une photo. Ce qui est sympa avec la photo c'est que vous avez la vue et pas l'odeur … ...une odeur d'urine qui est à peine tenable...

Pour vous donner un aperçu de notre vitesse d'avancement, on a dépassé 3 fois le même cycliste. À la 4ème fois, on stoppe et on l'invite à boire un thé.

Il s'agit de Jong-Hyun Kim, pour faire plus simple,il se fait appeler Rafa pour son périple d'Amérique du Sud : il est coréen et il pédale depuis l'Argentine, il pense aller jusqu'en Bolivie et Pérou. À Antofagasta, on le recroise à pied alors que l'on se promène:il a trouvé un logement chez des chinois, il pense repartir la veille de Noël en direction de la Bolivie.

Nous vous souhaitons de très belles fêtes de la Nativité.