Huaviňa

Depuis la France, nous avions pris contact avec une association vue sur internet:ASE Art Sport et entraide.
L'un des responsables nous donnait le contact au Chili pour une aide éventuelle tout au nord du Chili. Nous arrivons à Huara petite localité située sur la panaméricaine à quelques 300 kilomètres au sud du Pérou.

Antonio est en train de préparer une rencontre de foot pour le mois d’août avec tous les petits villages autour de Huara et une équipe qui viendrait de France. Il est en train de monter un dossier pour avoir des financements de l’État pour le déplacement des joueurs. Une cargaison de maillots viennent d'arriver de France mais ils sont bloqués en douane car il manque des documents...il sera obligé d'aller jusqu'au port de Valpariso à côté de Santiago pour tenter de récupérer la marchandise...(soit à 2000 Km de là!)

Tout cela pour dire qu'il n'a pas trop le temps de s'occuper de nous ; alors il nous envoie dans un tout petit village un peu plus au nord.
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Nous voilà donc partis pour Huaviña qui se situe sur la route qui mène en Bolivie à 2300 m au « creux » d'une splendide vallée où coule une rivière qui alimente tous les jardins en terrasse-chacras-
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Cette technique en "terrasse" leur vient directement de leurs ancêtres incas.
Les grands-parents des habitants étaient tous de nationalité péruvienne, jusqu'à ce que le Chili gagne la guerre du Pacifique (1879-1884) contre la Bolivie et le Pérou est annexe nombre de territoires dont le village de Huaviña.
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Cette eau vient directement de Bolivie où il sont dans la période des pluies.
La rivière est souvent boueuse car il pleut énormément par là-bas, les nuages s'accrochent en haut des sommets andins.

Dans les années 70, un énorme torrent d'eau a emporté toutes les cultures qui étaient à point d'être récoltées devant les yeux médusés des habitants. Quelques familles sont parties « dégoûtées » par la dureté de la vie !




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Nous quittons la route principale et attaquons une piste sinueuse soit sablonneuse ,soit rocailleuse pendant 1H30.

Et là surprise au détour d'un virage, le village apparaît sur la berge opposée, village tout en couleur qui fait davantage penser à un village finlandais que chilien.
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En fait, Huaviña a été choisi par la plus grande entreprise de bricolage du pays pour peindre gratuitement toutes les maisons du « pueblo » et le résultat est vraiment séduisant.

Auparavant toutes les maisons étaient en blanc suite au terrible tremblement de terre (de 2005)qui a eu raison de presque toutes les habitations en adobe
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Tout s'est écroulé, heureusement, il n'y a eu qu'un seul blessé .
Même l'église bâtie vers 1650 n'a pas résisté.

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On s'installe sur la place du village et les quelques rares habitants viennent nous rendre visite tout étonnés de nous voir là !

Dès le lendemain, nous connaissons les 25 habitants résidents là, qui n'occupent que quelques maisons.

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Nous nous proposons pour quelques travaux des champs, ouvrir les vannes pour arroser les parcelles de terrain en espaliers.

Nous désherbons aussi à la mode locale c'est à dire à genoux avec une mini-pelle qui pèse 2 tonnes!

Le jour suivant nous attaquons un travail communautaire , en arrangeant le jardin autour de l'église !
Nous voila devenus jardiniers nous qui n'avons même pas la main verte!
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Il nous faut d'abord nettoyer tous les débris laissés là par l'entreprise qui s'occupa de la rénovation de l'église en 2006 !soit une bonne quinzaine de brouettes que les garçons sont allés vider tout au bout du village puis réparer la roue d'une 2ème brouette et enfin arracher les mauvaises herbes, bêcher toujours avec la mini-pelle , ratisser... et le tout sous une chaleur d'au moins 30° ! mais en 2 jours tout est bien propre et nous laisserons le soin à Ermiña de planter les fleurs... c'est plus sûr avec nous elles risquaient de périr !!
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Travail fatiguant: tout le monde ne résiste pas!






En voyant la bonne volonté des garçons ,Pepo, un papy, leur a demandé de l'aider à remonter une cabane qui s'était écrasée sous l'effet du fort vent.

Serge a effectué le raccordement d'un lavoir au tout à l'égout ,manière de simplifier la vie de Dolores qui se voyait obligée à chaque lessive de vider son lourd seau d'eau..

Voilà quelques bricoles de faites, puis nous passons le reste de notre temps à papoter de maison en maison , d'aller boire un petit coup par là, de filer la main par là-bas ,par exemple on a nettoyé de l’origan tout en discutant tranquillement avec Angela.

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Une vie tranquille, mais ardue comme la connaisse les agriculteurs du monde entier où il n'y a pas une minute de temps mort, après les champs ,la lessive ,ou faire le pain et démarrer le four , mais avant il a fallu chercher le bois puis aller couper l'herbe pour la donner aux cochons et aux lapins, et quand le groupe électrogène est mis en route tous les jours de 21H30 à 23H30, on se pose quelques minutes en regardant un écran de TV mal réglé et qui ne capte presque rien...
pour les plus aisés ,ils démarrent un DVD, ou une machine à laver ,les frigos se remettent en route...

L'unique communication avec le « monde extérieur » est une radio où Angelica communique à heure fixe 2 fois par jour. Pour le téléphone portable, il faut parcourir environ 15 minutes en auto puis 30 minutes à pied pour parvenir à capter un relais.
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Il semblerait que cette cabine n'a jamais fonctionné!

Nous partons une semaine pour aller au Pérou faire tamponner nos passeports car nous arrivons au terme des 3 mois autorisés par le Chili pour rester sur son territoire.
Et, nous allons revenir pour assister à la fête religieuse de la Virgen de la Candelaria qui attire environ 300 personnes pendant 3 jours!