Notre dernière grande ville russo-européenne est OUFA, ville de 1100000 habitants longée par le fleuve du même nom, long de 940 km, au bord duquel nous stoppons en pleine périphérie. Nous sommes devant une grande plage où les enfants se régaleront en jouant au rugby avec les ados qui viendront nombreux! Pendant que je vais en ville avec Franck en quad, Loïc s'amusera à faire connaître le rugby.
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Ses nouveaux compagnons vont lui apprendre les mots de base du russe, c'est à dire : tous les gros mots et bien sûrs ils sont tous tordus de rire de sa prononciation. Quand on revient, ils feront à tour de rôle un tour en quad. Pendant ce temps, Nina est allée se promener avec Serge et Cyrielle au bord du fleuve; elle a rencontré Camilla, une petite de 18 mois, et elles ont poussé ensemble la poussette de la poupée. Mais Serge a eu du mal à communiquer avec la maman qui était plutôt préoccupée par le fait qu'il manquait une chaussette à Cyrielle!
Nous rencontrons notre premier interlocuteur parlant un peu anglais: il est chauffeur et nous confirme qu'ils ont énormément souffert -eux aussi- de l'inflation du gasoil. Le prix a plus que doublé (de 18 à 50 roubles). Maintenant, il est à un prix très intéressant pour nous (maximum 18,30 roubles soit un peu moins de 0,50 cts € le litre!).En repartant de ce joli coin, on se fait doubler par une voiture de police (d’habitude ils nous arrêtent en nous faisant signe avec leur bâton) ils nous demandent en hurlant (c’est une habitude ici, ils ne savent pas parler sans hausser le ton!) et Serge est convié comme d'habitude à l'intérieur de la voiture, côté passager. Là, le policier lui fera comprendre qu'il n'a commis aucune infraction, mais qu'il a quand même un problème car le policier lui confisque le permis de conduire et il pourra le récupérer dans 6 mois! Au bout de 45 minutes et 20€ on a le droit de récupérer le permis! Voilà notre premier flic « véreux » russe (en espérant que se soit le dernier!) C'est vrai que pour l'instant malgré que l'on se fasse arrêter quotidiennement entre 3 et 4 fois, les policiers sont souvent très sympas, ils rigolent, ils sont amusés aussi par notre drôle d’engin, en profitent pour nous prendre en photo et nous laissent repartir...).
Nous quittons la plaine et abordons la pointe du massif montagneux: les Monts Oural.
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L OURAL

Cette longue chaîne montagneuse (2000 km du Nord au Sud) délimite -conventionnellement- la frontière entre la Russie d'Europe et la Russie d'Asie. Le point culminant est le « mont Elbrouz » (dans le Caucase) à 5633m; mais nous, nous culminerons à 1000 m mais nous verrons de beaux sommets enneigés.
De «l'autre côté » nous reprenons une immense plaine souvent arborée de bouleaux. Il y parfois de grandes forêts de bouleaux, parfois de petits bosquets qui rendent le paysage attrayant et nullement monotone!Nous découvrons aussi les « cow-boys du Far-Est »: des hommes à chevaux gardent de grands troupeaux de vaches, parfois aussi des troupeaux de chevaux.

Dimanche 10 Mai: le moteur tousse! Peur d'une grosse panne; et non, panne de gasoil! (Avec 1 réservoir de 400 l faut le faire!).
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Mais nous avons 1 bidon de 25 l qui nous aide à rejoindre la pompe qui est à 800 mètres! Une petite glace pour se remettre, discuter avec un routier qui vient de Vladivostok chargé d' engins japonais, avec des ouvriers de travaux publics: malgré leur énormes Kamaz (320 chevaux &châssis Man) ils disent qu'ils sont souvent en panne…
Le soir même, nous stoppons devant 2 petits lacs en bordure de route car il nous faut refaire le plein d'eau des cuves. Mais, comme ils sont au bord de la route, ils sont vraiment très sales (pneus, bouteilles...) & infectés de moustiques! Nous changeons de côté de route pour ne pas être piqués.

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Le lendemain, nous sommes prêts à partir à 10h du matin (c'est presque un record pour nous), Serge fait son demi-tour en empiétant sur le bas-côté quand on sent que le camion s'enfonce et... on est planté et bien planté! On sort les plaques de désensablage, on tente de sortir: NIET! Utilisation de plus grands moyens: Serge creuse sous les roues afin que l'on puisse glisser des branchages que l'on va couper dans des buissons un peu plus loin, puis on tente de lever les roues afin de bien glisser les plaques sous les roues. Mais c'est vraiment la galère car les planches que l'on glisse sous le cric s'enfoncent, s’enfoncent ! On retente une autre sortie sans plus de succès... c'est la déception et un peu de découragement! Malgré tout, on n'a d'autre choix que de persévérer et c'est ce que l'on fait jusqu'à l'arrivée massive des moustiques qui nous forcent à nous réfugier dans le « camping-car », fatigués, exténués et un peu découragés!Le lendemain matin dès 6H (!!) Serge part abattre du bouleau ! Il revient avec 2 énormes troncs.
On arrive à bien glisser les plaques sous les pneus les plus enfoncés et on refait un essai... le camion n'avance pas d'un centimètre! Gros découragement! Quand l'on voit en face un camion se garer, on fonce avec le quad lui demander de nous aider à sortir notre 4X4 mais il ne veut pas. Alors, les enfants s'équipent des gilets de sécurité et partent avec une corde au bord de la route pour tenter de stopper un camion. Une auto s’arrête, le monsieur vient nous parler, on n'y comprend rien, on ne saura jamais ce qu'il voulait nous dire car on ne le reverra plus... Après une bonne quinzaine de minutes, Loïc arrive à stopper un Kamaz mais le chauffeur est septique car il a peur lui aussi de s’embourber.
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NOS SAUVEURS

Juste en même temps on voit arriver la « DDE » russe (ils repeignent les lignes centrales de la route) qui fait une halte pour la pause du déjeuner. Le routier va leur demander s'ils sont d'accord de l'aider au cas où lui resterait embourbé. OUI (ouf). Il commence à nous tirer mais comme il a peur de continuer sur la ligne droite -dont le sol paraît moins ferme-, il stoppe et on s'enfonce encore plus. C'est un bon début mais même si on a fait 2 mètres, on est loin d'être sortis d'affaire! Notre routier cascadeur insiste pour nous sortir des ornières: marche arrière, le câble est bien détendu, et plein gaz, notre camion n'avance pas, son camion -vide- fait même un saut et il réitère la manœuvre 3 ou 4 fois et nous n'avons qu'une crainte c'est qu'il nous arrache tout l'avant. Le chef de la « DDE » prête son câble qui est plus long pour que le routier puisse nous tirer plus de travers et en étant sur un sol dur. Et là notre véhicule se dégage de son piège de boue ! Quel soulagement ! On aurait eu bien du mal à s'en sortir tous seuls; il nous aurait bien fallut 2 à 3 jours de travail supplémentaire sous un soleil de plomb et sous une nuée de moustiques … Rien n'est abimé, nous pouvons repartir en fin de journée -après 1 jour & demi de travaux forcés- au grand plaisir des filles qui retrouvent leur « ronronnement » favori qui les endort en 5 minutes!

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Le plus gros helico!

Pour le plus grand plaisir de Serge, nous avons vu le plus grand et plus gros hélicoptère du monde! Le MI-45: il soulève 40 tonnes au décollage, il a 4 moteurs, la puissance doit être de 24 000 chevaux, à l’arrêt les 5 pales sont soutenues par des perches. Ce « joli jouet » était un des tous premiers de la série des MI et il fini sa « carrière » sur un terrain vague à côté d’une vieille station service.


Nous sommes actuellement à NOVOSSIBIRSK à 4000 km de la frontière ukrainienne, au bord du fleuve OB(le fleuve préféré des cruciverbistes). Il est long de 4350 km et c'est un des plus longs de Russie. Comme nous n'avons toujours pas trouvé d’eau, on part avec le quad et des bouteilles de 5 litres pour remplir notre réservoir (aller-retour 8 min et Serge vient de perdre une bouteille).
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RAVITAILLEMENT EN EAU DANS L'OB

L 'eau est glacé, je vous le confirme car j’ai chuté les 2 pieds joints dedans, jusqu’aux genoux (Loïc a encore du mal à s‘en remettre tant il était plié de rire!). Depuis l'Ukraine nous achetons pour boire de l'eau potable en bouteilles (eux-mêmes ne boivent pas l'eau du robinet et ce que nous avions oublié de vous dire c’est qu’à L’VIV (Ukraine), ils ont de l’eau pendant 2h le matin & 2h le soir!).

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On voit de plus en plus de voitures japonaises (volant à droite) dont de nombreux modèles que l’on ne connait pas. On commence à voir quelques personnes de type asiatique.Le contraste entre le centre ville propre et plutôt riche (bâtiments bien entretenus, routes en bon état, gens habillés à l’européenne, magasins de luxe...) et la périphérie est saisissant: routes défoncées, rues en terre, immeubles délabrés, maisons individuelles en bois défraichies, petites épiceries, gens habillés plus modestement et pourtant on croise malgré tout de gros 4X4 dans ces petites ruelles.

Sergev a vu notre quad à côté du camion. Il s’est arrêté et a proposé à Serge une balade car lui en a un aussi. Rendez-vous est pris pour le soir même à 18h30.Sergev est en avance et c’est les garçons qui vont l’accueillir en mettant en pratique les quelques mots d’anglais qu’ils viennent d’apprendre, lui préparent un café et lui offre quelques gâteaux … J’arrive du centre quand ils sont tous en train de charger le quad dans son van japonais et les 3 hommes partent avec Sergev.
Ils se rendent d’abord chez un de ses copains qui habite une énorme maison. Il a 4 quads + 1 motoneige (Yamaha 1000 cm3). Ils partent avec les 3 quads (Sergev a un Grizzli 700 cm3 et son copain un Suzuki 750 cm3!) en direction de l’OB.
Là ils se font une magnifique balade entre les dunes de sables monumentales (30m de haut), les passages dans l’OB pour contourner les plages privées (Franck reviendra trempé), puis une balade dans les bois d’épicéa: des descentes vertigineuses et des montées « himalayenne » ! Retour à la nuit par les forêts profondes sibériennes.Et pour se réchauffer -une fois n’est pas coutume- du THE au miel (qui vient de l’Altaïr)!

MERCI beaucoup Sergev pour cette supère balade: on en gardera de supers souvenirs!