Nous sommes revenus de notre petit coin perdu pour refaire le plein d’eau et de provisions et surtout ,nous avions prévu d’aller au musée … Nous allions rentrer au magasin quand une voiture s’arrête, en klaxonnant vigoureusement. C’est la journaliste et son chauffeur. Elle avait oublié de nous demander nos prénoms… et nous dit que l’article nous concernant paraîtra le surlendemain. Alors nous décidons de rester … Katia (la journaliste) et Vladimir (son chauffeur) nous amènent au musée dans leur auto : une Volga où nous rentrons les 6, à l’arrière, surpris par le vaste espace. Le musée est une grande demeure en bois où nous sommes accueillis par une vieille femme qui se prénomme Nina. Elle est fort surprise que notre fille porte le même prénom. La première pièce comporte des vêtements traditionnels russes, d’anciens objets en bois de bucherons, un orgue et quelques livres. La 2ème salle , est pleine d’animaux empaillés , animaux que l’on rencontre dans la région , dont 2 ours , un loup , un lynx , et de nombreux oiseaux. Mais surtout, il y a une magnifique défense de Mammouth, 4 molaires fossiles et un fémur. (Rien n’est mis sous verre)

La 3ème salle, nous fait revivre un peuple du sud de cette Région : Tofalaria où il n’y a qu‘une piste d’accès et le peuple ne compte guère qu’une centaine de personnes.

En partant, arrive une dame qui se prénomme elle aussi Nina ! 3 « Nina » rassemblées, cela valait la photo! Nous profitons aussi d’un petit spectacle en plein air, car c’est la fête des enfants.

On se gare plus discrètement que la 1ère fois, juste devant la salle des fêtes et devant une école des beaux arts. D’ailleurs, on suppose que les élèves ont mis en application leurs cours car notre camion se trouve orné -à l’arrière - d’un joli tag!! Notre anonymat n’aura duré qu’une nuit, car le matin nous sommes sortis du lit par la TV!! Un caméraman VODA, une journaliste qui posera les questions et par NICK qui fait la traduction en anglais (en fait, il est journaliste aussi) plus 2 chauffeurs! Ils prennent aussi des photos de nous tous pour une parution journalistique aussi (le même groupe possède Tv et presse).

A la fin du reportage, le caméraman nous propose un "bania" russe. Le « bania» c’est le sauna russe (il ressemble aux saunas des pays nordiques) C’est une petite maison en bois, la première partie sert de séchoir à linge et de stockage de bois, dans la 2ème pièce, il y a une machine à laver (qui fait sèche-linge en même temps) puis le fameux « bania» séparé par une porte. La pièce fait environ 10 m2, il y a un grand poêle brulant, à sa gauche un tonneau de 200 litres d’eau, un petit banc et une étagère avec des affaires de toilettes, et un tout petit miroir. Le but du jeu est de transpirer le plus possible, pour cela on prend de l’eau brulante qui se trouve en haut du poêle et on la jette sur des cailloux placés dans le poêle : de suite se dégage une formidable chaleur qui nous irradie en nous faisant énormément transpirer. Puis, il y a aussi un petit balai de branchages et de feuilles séchées que l’on asperge d’eau chaude et l’on se « flagelle »le corps avec …pour finir, on mélange dans une grande bassine de l’eau froide du gros bidon et de l’eau bouillante pour se laver. Voda, nous explique qu’en hiver quand il sort du bania, il file casser la glace d’un petit bassin et il se plonge dedans. Il nous demandera comment on fait en France pour se laver. Et restera très perplexe devant notre drôle façon de nous laver…

Mais en été comme en hiver, la tradition russe veut qu’après le « bania» tu boives un verre de gnôle, et ici ils le boivent cul sec!! Eux boivent le petit verre et juste après ils ingurgitent un verre de sirop (on suppose pour adoucir l’alcool fort) ce sont des fruits rouges, qu’il sort du congélateur, auxquels il rajoute de l’eau. L’alcool est fabriqué par Voda, si on comprend bien, il utilise de l’hydromel, c’est très fort. Pour accompagner l’alcool, il nous sert du poisson cru sorti directement du congélateur ! (Serge trouve cela bon) C’est notre hôte qui l’a pêché. Il y a aussi une herbe que l’on ne trouve qu’en Sibérie (« tchereimtcha« ), il faut lui enlever les feuilles, on plie la tige en petits bouts que l’on trempe dans du sel : c’est leur salade!

Il y a aussi une autre petite maison, c’est celle de la grand-mère : elle a tout pour être indépendante, cuisine, gazinière, frigo, chambre… Les toilettes sont à l’extérieur et il n’y a pas l’eau courante dans la maison. Un autre journaliste arrive pour venir chercher Nick. Il nous amène 4 cadeaux : un livre en russe de la ville (dommage car dépourvu d’images), un bloc à l’entête de la ville et un stylo au sigle de la ville. Mais avant de partir, les deux jeunes boivent un verre entier d’alcool cul-sec (notre traducteur en avait déjà bu quelques uns pour accompagner son collègue caméraman et Serge)!! La grand-mère viendra aussi et boira aussi un verre. Elle insiste pour visiter le camion : elle est fort surprise de notre intérieur et en même temps nous traite de « fous » : partir si loin de chez soi!! Serge ramène tant bien que mal le camion, pas habitué à boire, c’est difficile pour lui. Pour ma part, j’ai de la chance : j’allaite !! Mais à chaque fois, on me propose un verre de vin!!

De retour à notre « petit parking » (c’est Nina qui désigne ainsi nos bivouacs), un prof de l’école de dessin, nous fait nos portraits puis les embarque pour les exposer à l ‘école. Serge a un air de samouraï !!

Mercredi matin, nous attendons Katia, notre 1ère journaliste, mais c’est d’abord une femme qui vient nous demander si nous avons besoin de ses services: elle nous a vu la veille au soir à la TV!! En partant, on verra que les gens nous reconnaissent, on aura droit à de grands signes ou à des klaxons chaleureux!!