Olgi

Notre séjour mongol touche à sa fin puisque nous avons atteint la dernière grande ville de l’ouest située à 1600km de la capitale et à une centaine de kilomètres de la frontière russe.
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La ville est peuplée de presque 30 000 habitants mais ici on nous explique que la population est kazakhe et parle cette langue et non pas le mongol!
D’ailleurs, on voit notre 1ère mosquée !
Les yourtes ne sont pas identiques : la kazakhe est beaucoup plus pointue et ne possède pas de ce fait de pieds centraux à l’intérieur (donc plus d’espace) Il semblerait d’ailleurs que l’écriture soit kazakhe mais nous ne sommes pas suffisamment experts pour voir la différence entre les 2 écritures (mais ça va venir, on va se « bonifier »!)

Il y a parfois un tarif spécial « touristes »:on te fait payer plus, ce qui n’est pas vrai, ailleurs en Mongolie. Un anglais qui voulait acheter une moto, on lui réclamait 3000$ ; des belges voulant se rendre à la capitale en transport en commun: une fortune,mais on arrive toujours à trouver quelqu’un pour nous venir en aide.

Nous avons trouvé un petit restaurant qui applique les tarifs locaux : nous y déjeunerons tous les jours ; une douzaine de « khuushuur » sortes de crêpes fourrées avec de la viande hachée (déjà une spécialité kazakhe) puis 3 assiettes de pâtes mélangées avec des carottes, du chou et de la viande- »besbarmak« . Par contre, les « buzz » viande hachée enroulée dans une petite pâte (spécialité dans toute l’Asie centrale) étaient bien trop gras à notre goût. Le tout pour nous cinq : 2,5€ !!C’est le prix normalement que l’on payait ailleurs pour une assiette, ce qui reste bien modique !!!

Ce qui est curieux depuis l’Ukraine, c’est à la vitesse que les gens « engloutissent » leurs repas!! À peine assis, déjà dehors! Noémie -espagnole rencontrée en Ukraine - s’était vu refuser l’entrée d’un restaurant ukrainien car le restaurateur savait qu’elle mettrait trop de temps à manger et qu’elle n’aurait pas le temps de déjeuner avant la fermeture, mais on laissait entrer tous les autochtones!! Dans son livre L’Empire l’écrivain G.I.Gagazyi pourtant polonais a vécu les mêmes mésaventures quand il voyageait dans l’ex-URSS…

Avec Nina, nous prenons enfin le temps d’aller chez le coiffeur! La coiffeuse est stupéfaite: »comment couper les cheveux à quelqu’un alors que l’on n’arrive pas à se comprendre? »Donc pour la rassurer, je lui demande la même coupe de cheveux que la coiffeuse!! Et pour Nina : pareil ! Nous voila donc avec des coupes au carré.

Nous rencontrons Arsha qui parle un excellent français et qui travaille en plus de son emploi de professeur d’anglais pour une association du style Médecins Sans Frontières : nous lui donnons tous les médicaments fournis par un médecin albigeois. (Qu’il reçoive ici tous nos remerciements).

Le 1er septembre, c’est la rentrée des classes après 2 mois de vacances. L’agitation est à son comble pour l’achat des fournitures de classes -essentiellement- des cahiers (la marge se trouve à droite et ils ne vendent que des petits carreaux).

Les gens achètent aussi des uniformes bleus marine pour les garçons et noir et blanc pour les filles (mais le port de l’uniforme n’est pas obligatoire). C’est aussi l’achat de chaussures et le RDV chez le coiffeur : une rentrée classique comme partout ailleurs.

Donc pour marquer le coup, Serge s’achète une paire de bottes en peau de bique car il pense que l’hiver sera rude ….et il a bien fait car….suite du récit quelques lignes plus loin ….

TSAGANUUR

Ce doit être notre dernière ville mongole, nous stoppons -encore une fois- au bord d’un joli lac où nous fêterons les 43ans de Serge.
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Puis nous irons à l’école qui réuni primaire et secondaire jusqu’à 16 ans. Nous serons accueillis par 2 professeurs dont une d’anglais, nous visiterons 3 classes d’une quinzaine d’élèves mixtes .nous leur donnons les dessins réalisés par l’école de Busque (près de Graulhet dans la Tarn) : ils sont contents quand ils voient que des enfants français ont dessiné leur drapeau ou écrit Mongolie.

Le Directeur nous accueille dans son bureau, (il ne parle pas un seul mot d’anglais), nous offre des gâteaux, à boire eau, coca-cola et vodka!! Serge est obligé d’en boire un gros verre, mais c’est de la bonne- nous dit le Directeur- de la Gengis Khan qui ne fait que 39°!! Il donnera aussi 2 boites de pastel (fabriquées au Mexique) pour les garçons ainsi qu’un livre de mathématique et des chocolats.
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Ensuite tous viendront dans le camion ainsi que 3 dames du village surprises par notre véhicule! Alhnaa , la prof d’anglais nous invitera à boire le thé chez elle : elle habite une très grosse maison, bâtie par son mari qu’elle partage avec ses beaux-parents .Nous sommes toujours surpris quand on voit l’absence de salle de bain ou de coin toilette.

Nous reprenons la route vers le nord quand on se fait surprendre d’un coup par une tempête de neige. Nous stoppons à l’approche d’un village non inscrit sur la carte pour déjeuner.

Ce temps hivernal est juste un clin d’œil de la Divinité Céleste pour que Serge puisse étrenner ses nouvelles bottes, ce qu’il s’empresse de faire d’ailleurs tant c’est « l’Apocalypse » qui s’abat sur nous
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La situation empire, le froid s’intensifie dû au blizzard. La neige tombe à l’horizontale, on ne distingue plus la piste. Le camion forme des congères où s’agglutine déjà une quarantaine de centimètres de neige! Alors à la nuit tombée, nous rejoignons le village pour se mettre à l’abri du vent derrière une murette.

Heureusement, le lendemain le soleil brille à nouveau, le vent s’est bien calmé, le froid est moins intense et les paysages sont splendides, recouverts de cette cape de blanc … (nous sommes à 2200m d’altitude)

Comme on estime d’après notre carte la frontière a une dizaine de kilomètres (les gens autour de nous, annoncent 75km ou 25km), nous mettons la remorque en porte à faux, Loïc et Franck conduiront le quad jusqu’à la douane. En effet, pour les passages de frontières, on s’est aperçu que ça posait moins de problèmes de ne pas avoir de remorque !

Avant nous allons tenter de faire le plein d’eau, là où tous les villageois se ravitaillent et tous les troupeaux s’abreuvent mais notre pompe ne veut pas s’amorcer correctement alors nous partons.

Pourtant nous sommes surpris car l’accès à l’eau est difficile, les habitants sont obligés de retirer leurs bidons de dessus les chariots, de trainer les seaux sous l’eau, de se mouiller les pieds puis de soulever le lourd ¨bidon pour le remettre sur le chariot… étonnés que personne n’ait pensé à aller chercher quelques pierres pour rendre cette tâche moins pénible…

Nous parcourons 500m et la frontière se dresse devant nous!!!!

Donc on charge le quad sitôt le 1er poste franchi et payé une taxe de12$!! La balade des garçons aura tourné court…. 30 minutes plus tard, nous sortons du territoire mongol!

Mais la frontière russe n’est pas à côté, il nous faut parcourir 8 kilomètres de route montagneuse pour atteindre un 1er barrage doté d’un mirador : la Russie est derrière cette porte, la route goudronnée aussi mais le vrai poste de frontière est à 20 kilomètres de là!

Voila, notre séjour mongol s’arrête là déjà!

Que de bons moments nous avons passé dans ce splendide pays.

Que de belles rencontres nous avons faites.

Un plaisir pur nous a « habités » pendant ces 2 mois.