Kazakhstan

Nous revoilà de retour dans cet immense pays (5x la France) en ce début de mois de décembre où nous accédons par le sud(par l'Ouzbékistan).

Nous stoppons dans la même ville qu’à l’aller -Shimkent- pour l’achat d’un pneu.

Comble de l’ironie, le « bazar » des pneus se trouve sur une butte et tu n’as qu’une crainte c’est de voir dévaler ton pneu sans pouvoir le stopper!!On n’ose imaginer les pauvres livreurs qui doivent acheminer les lourds pneus jusqu’en haut. Heureusement qu’ici le temps est clément en hiver.
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Là où l'on achète les pneus, il n’y a pas de monteur: obligés donc de hisser le pneu dans l’habitacle du camion pour se rendre chez le monteur, lequel même spécialisé en camion ne possède pas de machine!! Donc ils tapent ,tapent pour faire rentrer la jante et Serge est tout de même obligé d’intervenir pour donner quelques astuces qui facilitent la mise en place de la nouvelle roue.

Entre achat et montage du pneu: une journée entière. Tous les marchands se battent pour nous reprendre notre pneu Michelin, usé mais alors usé mais qu’ils considèrent bien meilleur que celui que l’on vient d’acheter (pneu ukrainien).

Nous partons vers l’ouest pour stopper à Turkestan -ville qui jaillit au milieu de la steppe -.C’est le centre historique du Kazakhstan méridional. Le complexe ressemble à tous les édifices vus en Ouzbékistan mais en beaucoup moins grandiose.
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L'attraction principale ici est le Mausolée de Khoja Ahmed Yassawi, poète et mystique qui a grandement influencé le développement du soufisme (dans la religion musulmane courant ascétique et mystique musulman très important, apparu au Xe siècle) en Asie centrale. C’est Tamerlan qui a décidé de bâtir ici un mausolée qui est devenu un lieu de pèlerinage important. Aujourd’hui aussi, Turkestan reste surtout un lieu majeur pour les Kazakhes -qui sont les principaux touristes-.baiko-arals5.JPGTous les mariés de la région se rendent ici, au mausolée, le jour de leur mariage.

Une demi-douzaine de jeunes sont employés à faire visiter le mausolée gratuitement ; tous ne parlent pas anglais -par contre le chinois et le coréen-mais nous finissons par discuter avec eux lesquels sont bien surpris que nous voyageons avec autant d’enfants!

Notre guide -Bakytoul-tente de perfectionner son français, elle note toutes les phrases qui pourront lui être utiles pour d’autres touristes et nous maintiendrons une correspondance épistolaire via internet!

Route vers l’ouest

Le froid arrive, de plus en plus vif au fur et à mesure que l’on avance vers l’ouest.

1er problème : notre gasoil se fige!!

En fait, ils ne mettent pas d’additif pour l’hiver. Peut-être que là où nous l’avons acheté l’hiver n’est pas assez vigoureux pour traiter le gasoil?

Une des solutions, c’est de mélanger le gasoil avec de l’essence (10%) mais cette solution ne peut être que temporaire car elle peut abimer la pompe à injection. Ici, les camions roulent tous à l’essence, à l’indice 80, qui est au même prix que le gasoil. Tous nous traitent de fous quand on dit que notre véhicule consomme du gasoil!! Impensable dans ce pays…
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Serge est obligé de chauffer le pré-filtre avant de démarrer, ce qui demande un travail de 2 à 3h avant de pouvoir rouler! Les garçons se relaient pour l’aider, l’un fait les devoirs, l’autre la mécanique.

Pour dégeler les conduites des freins, obligés de chauffer avec un chalumeau en faisant attention à ne pas bruler les durites en caoutchouc. Comble de l’ironie, notre bouteille de propane gèle! Pour la réchauffer, on emmitoufle la bouteille de couvertures puis on la chauffe au chalumeau! (!!!Strictement INTERDIT et DANGEUREUX!!!) Mais le gaz repart!
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Heureusement dans cet univers glacial et inhospitalité, les renards -surtout des blancs- s’approchent pour récolter un peu de nourriture. Il y en a même un qui s’est retrouvé nez à nez avec Serge qui se trouvait sous le camion. Lequel a eu le plus peur? Les 2 ont sursautés!

Baïkonour

C’est la base spatiale russe; le cosmodrome d’où sont partis Gagarine, les « spoutniks » et les équipements des stations spatiales …

Mais à la chute de l’empire soviétique se bout de terre s’est retrouvé en territoire kazakhe! Les russes paient chaque année au gouvernement kazakhe la somme de 115 millions de $ pour avoir le droit d’exploiter ces 6717km2 et 8 complexes de lancements en activité contenant en tout 16 pas de tir, 4 pas de tir pour les missiles intercontinentaux, 11 bâtiments d'assemblage et de préparation!!!(Rien que ça!! Faut dire que c’est la plus grosse base au monde)
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La ville est complètement cloturée, il faut un visa russe plus une autorisation spéciale de Moscou pour pouvoir franchir les clôtures. Tous ceux qui veulent franchir les clôtures sont soumis à un examen approfondi de leurs papiers ainsi qu’à une fouille sommaire mais réelle de tous les véhicules (ils font la même chose quand les automobilistes qui ressortent du territoire russe !) la pompe à essence située juste à la sortie du site affiche les prix en rouble!

Pour nous aucune chance de pouvoir entrer dans la ville!

C’est à l’intérieur de cette enceinte que sont effectués les tirs réguliers des fusées russes. Nous resterons sagement à l’extérieur où nous aurons tout de même la visite de la police de l’immigration kazakhe.ils nous demandent de nous faire enregistrer mais pour avoir le coup de tampon, il faut aller en …Russie (c’est à dire dans la ville!) là où il nous est interdit de rentrer !!Donc problème ! Mais après une longue réflexion des policiers : plus aucun problème. Ici les étrangers ne sont pas trop les bienvenus!
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C’est assez rageant d’être aussi prêt du pas de tir (à une centaine de kilomètres tout de même) sans pouvoir assister à un lancement. Le prochain tir officiel doit se faire en pleine nuit: nous avons peu de chance de l’apercevoir alors nous continuons notre route toujours vers l’ouest!

ARAL



La mer d’Aral, mer intérieure, partagée entre le Kazakhstan et l'Ouzbékistan - était une étendue d’eau autrefois grande comme le Portugal, et qui est aujourd’hui un lac salé qui se dessèche au milieu d’un désert. De 64 000 Km², il n'en reste aujourd'hui qu'environ 30 000 Km². (Le volume d'eau a baissé de plus de 75 % et le taux de salinité a triplé depuis 1950 atteignant aujourd’hui 30 g/l.)
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Ce désastre est du à la folie de l’état communiste de l’URSS qui décida dans les années 60 d’intensifier la culture du coton en Ouzbékistan et au Kazakhstan. (De 4,5 millions d’hectares à plus de 7 millions.) Pour irriguer les cultures, ils ont détourner les deux fleuves-le Syr Daria et l’Amou Daria -qui alimentaient la mer d'Aral!.
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Cette ville qui avait les pieds dans la mer d’Aral il y a 50 ans de cela doit parcourir pas loin de 50km pour voir la mer. On y accède par une piste, une ligne électrifiée passe par là, 2 villages se sont installés et il y a même la voie de chemin de fer qui se trouve dans l’ancienne mer!!!

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Après avoir parcouru une trentaine de kilomètres « au fond de la mer desséchée », nous partons à la recherche des bateaux échoués.
Nombreux sont ceux qui se sont trouvés coincés sur le sable, quand la mer s’est retirée.
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Selon des photographies vues dans divers magazines, nous nous apercevons que les bateaux n‘ont plus les même dimensions. En fait les gens ont commencé à découper le fer pour le revendre (vu que le taux monétaire du fer a connu une très forte augmentation sur ces 5 dernières années.)
baiko-arals14.JPGbaiko-arals16.JPGbaiko-arals17.JPGbaiko-arals18.JPGMais les bateaux restent impressionnants et nous avons presque peur de trouver des « fantômes » à l’intérieur tellement cette vision semble surréaliste et en même temps très triste.baiko-arals9.JPG

Le vent sifflant (et le froid vif), que rien n’arrête, renforce cette impression fantomatique.baiko-arals19.JPG Un cadavre de chameau confirme la dureté du climat.


Une fine pellicule de neige est tombée pendant notre séjour de 2 jours, mais il c’est vrai qu’il ne peut neiger davantage car le froid s’installe très rapidement.
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Et l’on s’aperçoit que notre remorque est arrivée à sa fin: pour rejoindre la ville, nous sommes obligés de retirer le quad au risque de la perdre une nouvelle fois !
baiko-arals21.JPG Les garçons vont le conduire -à leur grand plaisir- sur 30km habillés davantage en « cosmonautes » qu’en « motards »car le froid est très ardent sur cette ancienne mer!
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À la ville, nous rencontrons Hazkarbek et Bochat qui vont nous aider à disquer et préparer la remorque avant d’aller chez un excellent soudeur !! Le soudeur a un stock phénoménal de fer, provenant des résidus des bateaux!
Bochat trouve plaisant d’aller se « promener » en quad : Il apprend les joies des glissades sur la route gelée.
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Bon cette fois -ci la remorque devrait tenir le coup!