Situé au sud-ouest de la capitale a environ 300km ; la route principale traverse sur quelques dizaine de kilomètres le Kazakhstan. Or un malentendu entre les 2 pays, oblige un détour par le sud de l’Ouzbékistan -ou bien posséder un visa kazakhe!-et une rallonge de quelques heures supplémentaires de route

Samarcande a été la ville la plus peuplée de Transoxiane (située au N-E du fleuve Amou-Daria) jusqu’au 16ème siècle.

C’était le carrefour entre les diverses Routes de la Soie, routes empruntées par les caravanes allant de Chine et d'Inde vers l'Asie Mineure. Ce fut la capitale d’Alexandre le Grand, de Gengis Khan et de Tamerlan. Mais c’est surtout ce dernier qui bâtit toutes ces merveilles -pendant les 35 ans de règne- qui ont tant bien que mal survécu jusqu’à nos jours..
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Tamerlan était un conquérant cruel mais un homme d'État remarquable; il rassembla à Samarcande les maîtres d'œuvre, les artistes, les maçons, les peintres, les théologiens ….de tous les pays conquis pour ériger le centre de l'Univers, un jardin éternel d'azur en pierres. Pour arriver à ses fins, il ne ménageait ni les vies humaines, ni les trésors accumulés au cours de ses pillages.

Le complexe le plus grandiose d'Asie centrale et l'un des plus beaux de l’Islam se trouve à Samarcande c’est le Reghistan Qui signifie : »place de sable ».

Le petit-fils de Tamerlan, Ouloug-Beg, fait construire une médersa qui est encore visible, un hospice pour les derviches (Khanagha, et les derviches sont les membres d‘une secte musulmane)) et un caravansérail (auberge destinée aux marchands) La médersa est une école coranique qui accueillait jusqu’à une centaine d’étudiants. Actuellement, aucune des 3 medersas n’est en activité..
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Le régistan se compose de 3 médersas: 1) medersa Ouloug beg (1417-1420) aux proportions harmonieuses, foyer important de la culture en Asie centrale où se rencontraient savants, astronomes et poètes.
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2) médersa Chir-dor (la porte des lions) 1619-1635) : où chaque centimètre carré est recouvert de motifs décoratifs géométriques ou floraux richement colorés.
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3) médersa de Tilla-kari (couverte d’or) 1647-1659):l'intérieur resplendit de motifs en feuilles d'or.
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Moyennant finances, un garde nous fait monter dans le plus haut minaret (47m) du Reghistan. Rien que la montée vaut le détour: des marches d’une hauteur de 50cm, des bouts de murs effondrés puis une fois au sommet, juste un trou d’homme pour passer la tète et avoir une vue panoramique de Samarkand.
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La mosquée Bibi Khanoum dont la coupole bleu turquoise est visible dès que l’on arrive sur Samarkand. Bibi Khanum était la fille de l'empereur de Chine et la femme préférée de Tamerlan. C'est pour cela que Tamerlan, en son honneur, fit édifier cette mosquée devait surpasser en splendeur et en beauté toutes les réalisations du monde islamique. Ce monument religieux devait constituer l'un des symboles de la puissance de l'empereur. Pour la construction, les meilleurs artisans de l'empire furent mis à contribution : Tamerlan s'y faisait conduire chaque matin pour y surveiller les travaux, faisant préparer les viandes pour les jeter aux ouvriers dans les tranchées des fondations, comme on nourrit des bêtes. Il arrivait que, quand il était satisfait de leur travail, il leur jetait des pièces de monnaie. (Si pas satisfait, c’était la mort assurée!)
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Selon la légende, Bibi Khanoum voulut continuer à construire la mosquée pendant que son terrible conquérant de mari fut parti guerroyer en Inde. L’architecte choisi pour construire cette merveille, tomba éperdument amoureux de Bibi et embrassa l’épouse avec une telle ardeur que la marque de ce baiser de feu resta imprimée sur la joue tant convoitée. Lors de son retour, Tamerlan décréta le port du voile obligatoire pour toutes les femmes: certains disent que l’origine du port du voile pour les femmes islamiques viendrait de cette légende…
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Même s’il y a eu de nombreuses réfections du bâtiment, à l’intérieur il reste encore de nombreux travaux à effectuer. Une fois n’est pas coutume , à l ‘époque soviétique , les communistes ont commencé a rénover les bâtiments de toute la ville ! La photo d’archives date des années trente juste avant leur réfection.
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À une cinquantaine de mètres, le plus grand bazar de la ville grouille quotidiennement d’une foule bigarrée où se mélange allégrement les rayons alimentaires, les habits, et ustensiles divers. Nous avons même assisté à la décongélation rapide de gros cartons de cuisses de poulet. Un jeune garçon bien « baraqué » soulève sur sa tête le lourd colis et le jette violemment au sol afin de désolidariser les cuisses les unes des autres.
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Mais au bout de 4 ou 5 chutes sur le sol, le carton se « désintègre » et les cuisses se rependent au sol, au milieu du trottoir!

Shah-I-Zinda, la nécropole de mausolées et une mosquée.
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Cet ensemble paraît avoir concentré toutes les expériences architecturales des XIVe et XVe siècles en une apothéose de l'art de la céramique, sans égale dans toute l'Asie centrale. Et encore une sympathique légende: Shah I Zinda était le cousin de Mahomet et un jour, alors qu'il priait, des zoroastriens-d’ une secte rivale, lui coupèrent la tête. A peine perturbé par cet « incident » il termine sa prière, tranquille, ramasse sa tête et saute dans un puits voisin. Il semblerait qu’il y soit encore et c'est pourquoi le lieu est sacré.
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Derrière ce magnifique complexe, il y a un immense cimetière.
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La mode en Ouzbékistan est à la pierre tombale sablée à l’effigie du défunt: on montre même la nature de sa mort : en auto, en moto, par pistolet…
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GUR EMIR
16.GUR_EMIR.JPG C'est vraiment la stupéfaction à la vue de sa coupole aux nervures cannelées de la mosquée qui a été replacée à l'endroit initial, regarnie du bleu turquoise sur la brique jaune-brun. C’est là où se « repose » Tamerlan! Les sculptures sont splendides, recouvertes d’or …


17.Gur-Emir___la_ville_derriere_le_mur.JPGOriginalité de la ville de Samarkand : tous les complexes sont entourés de haut murs décorés : derrière « caché « vit la ville que l’on occulte au touriste(?), que l’on peut même exclure par la fermeture d’immenses et splendides portes en bois.