Nous prenons un bus très confortable depuis la capitale( que 3 sièges par rangée)





pour nous rendre en 5 h au centre du pays dans une région montagneuse qui est au cœur de la grande chaîne des Titiwangsa: les Cameron Highlands,à 1500m d'altitude.



Elles doivent leur nom au britannique William Cameron, géomètre qui mena une expédition ici en 1885.





Dès la sortie du bus, un rabatteur nous fait faire le tour des hôtels de la villes jusqu'à ce que l'on trouve un havre de paix pour 16€ pour nous tous.





Ce qui est étrange c'est qu'aucun hôtelier ne fait vraiment le forcing pour garder le client: »-le prix ne te convient pas, tant pis ! » mais il n'en retient aucune animosité.

Nous serons rejoint par un couple d ' anglais avec leurs 2 enfants – Joseph et Elijah- qui font presque un tour du monde en 6 mois.




Contrairement à nous , ils ont tout réservé par internet avant leur départ : transports, hôtels, locations de voitures... un « boulot » phénoménal !





Le moyen le plus simple pour se déplacer est le scooter car il n'y a pas de loueur d'auto. Nous prenons donc 2 scoot pour sillonner cette jolie région.




Ici tout tourne autour du thé.





Des plantations sur toutes les pentes parfois très abruptes des collines.







Si vous n'aimez pas le couleur verte....mieux vaut aller voir ailleurs!!




Encore du THÉ!!!








Les théiers sont coupés à une hauteur d'environ un mètre de façon à faciliter le travail de ramassage des feuilles.



La feuille de thé a un aspect lisse , aucune odeur même en la frottant entre ses doigts.



Les ouvriers ont un travail épuisant car tout est pentu.

Il existe 4 modes de ramassage des feuilles :




1) À la main ; feuille par feuille, ils chargent leur récolte dans une hotte qu'ils portent dans le dos pour une récolte journalière d' une trentaine de kg/jour/pers.



2) Ce petit « coupe-coupe » permet à une personne de récolter environ 120 kg/jour/pers de feuilles par jour: c'est le plus utilisé dans cette région si abrupte.



3) Il existe aussi une sorte de coupe-haie maintenue par 2 hommes; la machine est reliée à un treuil afin de pouvoir aider les hommes au retour car le sac est rempli de feuilles.









Avec ce système , ils peuvent récolter jusqu'à 300 kg /jour/pers.

Et pour les terrains vraiment plats,tout est mécanisé avec des véhicules qui ramassent toutes les feuilles pour une production de 9000 kg/jour !

Quand les gros sacs arrivent, les ouvriers les déversent à même le sol pour faire un premier tri des quelques branches qui se sont faites coupées avec le thé.



Puis tout est remis dans les sacs et direction l'usine qui est toute proche où l'on s'occupe aussitôt de « transformer » les feuilles en thé.

La 1 ère étape consiste à trier toutes les feuilles,puis elles passent dans cette machine qui date de 1935 où les feuilles sont alors écrasées et pressées .





Gros plan , sur cette vieille mais encore utilisable, machine qui a été fabriquée à Colombo (Sri Lanka)

Ce processus permet la libération des jus en vu de la fermentation qui est donc la 2 ème étape. La fermentation est un processus chimique naturel où l'enzyme des feuilles est exposé à l'oxygène. Les feuilles sont étendues sur des plateaux et à la fin de la fermentation, elles perdent leur couleur verte pour une couleur plutôt cuivrée.



L'étape critique dure de 1H30 à 2H pendant laquelle les caractéristiques de la saveur et de l’arôme se développent. Cette étape doit-être soigneusement contrôlée afin d'obtenir des résultats optimum.

La 4 ème étape sera le séchage des feuilles fermentées. Elles vont passer dans un air à 100°. Cette température stoppera net la fermentation et va réduire au maximum la taux d'humidité contenu dans les feuilles.

A partir de là, les feuilles prendront leur aspect noir et craquant que l'on connaît bien.


Ce séchage ne dure qu'une vingtaine de minutes grâce au four alimenté en bois ou aussi avec l'écorce des palmiers mélangée avec des déchets de café selon les sites.

L'avant dernière étape consiste à vibrer le thé pour le diviser en plusieurs catégories selon la taille . Il peut aussi rester quelques tiges qui sont de suite enlevées.




Voilà, le thé est prêt à être mis dans des sacs et transporté à l'usine de Kuala Lumpur où il sera manufacturé. La production de thé ne couvre que les 50 % pour la population de la Malaisie, le reste est importé. Cela explique que l'on n'en trouve pas dans nos contrées !

Bon & bien vous voilà devenus imbattables en fabrication du thé...vous pouvez jouer au "TRIVIAL Poursuite" pendant vos longues soirées d'hiver!!!

Mis à part le thé, la région abrite aussi un peuple d'aborigènes malais :
les « Orang Asli » -gens de la terre ou naturels, connus depuis longtemps même si la dernière tribu n'a été découverte qu'au début du XX ème siècle.




Connus pour fabriquer des barques fines, légères, très maniables et au déplacement rapide, grâce notamment à l'utilisation d'un bois spécial le "meranti" qui est un arbre qui pousse en Malaisie & en Indonésie.C'est un arbre feuillu pouvant atteindre 30 à 45 m de haut avec des branches allant jusqu’à 70 m! dont le tronc est lisse et bien cylindrique.


Actuellement, ce peuple vit dans des « kampung », village de 80 à 200 habitants dans de longues maisons en bambou bâties sur pilotis.







Le village que nous avons vu est complètement intégré à la vie malaise, mais il reste encore quelques villages très isolés (à 3h de marche de la route ) où la population reste très attachée à ses traditions et vit un véritable bras de fer face au gouvernement qui veut les intégrer coûte que coûte dans la société.




Ce fut un petit aperçu de cette région centrale.

Nous repartons au bout d'une semaine vers l'ouest, tout au nord du pays, sur une île nommée PENANG.